Olivia Charlet | Nutrithérapie & Naturopathie

Insuline et diabète : comprendre les différences entre diabète de type 1, type 2 et résistance à l’insuline

Mécanismes hormonaux, métabolisme du glucose et enjeux de santé métabolique | 24/01/2024

Insuline et diabète : type 1, type 2, résistance à l’insuline

Comprendre le rôle de l’insuline est essentiel pour distinguer le diabète de type 1 du diabète de type 2, mais aussi pour appréhender la résistance à l’insuline, aujourd’hui très répandue.

Cet article propose une lecture claire, structurée et progressive des mécanismes hormonaux et métaboliques impliqués, à la lumière des données actuelles en nutrition et santé métabolique.


Note professionnelle

Cet article est rédigé dans un cadre d’information en nutrition fonctionnelle et santé métabolique. Il ne constitue pas un avis médical et ne remplace pas un diagnostic ni un suivi médical. En cas de diabète diagnostiqué, tout changement alimentaire doit être discuté avec l’équipe soignante.

Résumé express — ce qu’il faut retenir

- L’insuline fait entrer le glucose dans les cellules et régule la glycémie.
- Diabète de type 1 : maladie auto-immune avec carence en insuline (cellules bêta détruites).
- Diabète de type 2 : résistance à l’insuline + hyperinsulinisme au début, puis épuisement progressif.
- Résistance à l’insuline : souvent silencieuse longtemps ; la glycémie peut rester “normale” alors que l’insuline est déjà élevée.
- Le contexte alimentaire (qualité des glucides, fibres, produits laitiers, ultra-transformés) influence fortement la réponse insulinique.
- Comprendre ces mécanismes aide à agir de façon plus lucide et durable.

1) L’insuline : l’hormone clé de la glycémie

L’insuline est l’hormone clé dans la compréhension du diabète. C’est elle qui permet de réguler le taux de glucose (sucre) dans le sang, c’est-à-dire la glycémie : elle joue un rôle fondamental dans le maintien de l’homéostasie du glucose.

Elle est en lien avec de nombreux problèmes de santé uniquement lorsque les niveaux d’insuline produits par notre organisme ne sont plus en adéquation avec son fonctionnement normal, et qu’elle ne peut plus jouer correctement son rôle.

De nombreux problèmes de santé sont en effet liés à de l’hyperinsulinisme ou du moins à sa dérégulation.

L’insuline est fabriquée par le pancréas. C’est une hormone dite hypoglycémiante car elle entraîne la baisse du taux de glucose sanguin.

Son principal stimulant est donc la hausse de la glycémie et celle-ci s’élève après l’ingestion de glucides quel que soit le type de glucides, mais forcément, pas de la même manière.

Le terme glucides correspond à l’ensemble des carbohydrates (souvent nommé “carbs” en anglais), c’est-à-dire aussi bien les sucres que les céréales et les féculents (pain, farine, pomme de terre par exemple).

Plus la céréale est transformée et raffinée, c’est-à-dire qu’elle a perdu son enveloppe et ses fibres (et aussi de nombreuses vitamines et minéraux au passage…), et plus elle va être rapidement décomposée en molécules d’oses (c’est-à-dire de sucre).

Pour faire simple : plus la farine ou le pain est blanc, plus il est raffiné.

Et oui, au final le pain se transforme en sucre qui se déverse dans le sang même si le goût en bouche n’est pas sucré.

Il faut voir les fibres comme des “piégeurs” de ce sucre : elles ralentissent son arrivée dans le sang et sont par ailleurs essentielles pour nourrir positivement notre microbiote et soutenir une bonne diversité bactérienne. Pensez-vous consommer suffisamment de fibres ? La moyenne en France est souvent basse, alors que les recommandations sont plus élevées : mettre “un peu de verdure” à chaque repas n’est généralement pas suffisant pour atteindre un apport protecteur.


2) Alimentation occidentale, inflammation et signal insulinique

Notre alimentation moderne, dite occidentale, appelée dans les études scientifiques “Western Diet”, est composée principalement de glucides raffinés ultra-transformés et souvent de graisses de mauvaise qualité. Cela n’est pas sans conséquence sur la santé et sur la régulation de la glycémie et de l’insuline.

Manger ainsi n’est donc pas sans conséquence pour notre pancréas qui fabrique l’insuline et pour la sensibilité des tissus à cette hormone. Comme toute hormone, l’insuline a des tissus cibles : elle se fixe sur des récepteurs spécifiques appelés récepteurs à insuline, puis une cascade de signalisation s’enclenche pour faire rentrer le sucre dans la cellule, afin de servir de substrat énergétique à nos mitochondries (centrales d’énergie).

Récepteur à l’insuline : entrée du glucose dans la cellule


3) Index insulinique : pourquoi l’IG ne suffit pas

Revenons à l’élévation de la glycémie et à la libération d’insuline. Savez-vous qu’il existe un index appelé index insulinique (II) ? L’index glycémique (IG) est plus connu, mais il ne décrit pas toute la réponse hormonale.

Ce qu’il faut retenir : plus l’index insulinique d’un aliment est élevé, plus l’aliment stimule la libération d’insuline par le pancréas.

En supplément des glucides, il est important de noter que les produits laitiers peuvent stimuler soit l’insuline (notamment le lait, le fromage blanc, les yaourts, la crème fraîche), soit l’IGF-1 (facteur de croissance lié à l’insuline), selon les contextes.

À approfondir : index insulinique et réponse hormonale

L’index glycémique ne suffit pas à lui seul pour comprendre la réponse métabolique d’un aliment. Certains aliments peuvent stimuler fortement l’insuline, même avec un impact glycémique modéré.

👉 Comprendre l’index insulinique des aliments

Sur le plan énergétique, ces mécanismes sont aussi en lien avec la capacité de l’organisme à utiliser des carburants alternatifs au glucose, notamment les cétones, lorsque l’insuline est élevée ou que l’utilisation du glucose est altérée.

👉 Huile TCM C8 : cétones, mitochondries et métabolisme


4) Alors, qu’appelle-t-on diabète ?

Le terme diabète englobe différents diabètes dont les deux principaux, très différents, sont le diabète de type 1 et le diabète de type 2. La distinction n’est pas toujours connue ou comprise : clarifions-la.


5) Diabète de type 2 : hyperinsulinisme et résistance à l’insuline

Le diabète de type 2 est le plus répandu. Il se caractérise par une glycémie et une insulinémie élevées à un moment de l’évolution, avec un point clé : l’organisme devient résistant à l’action de l’insuline.

Les cellules se retrouvent en contact avec des niveaux d’insuline non physiologiques et cela de manière continue, ce qui alimente la résistance. Le sucre “poussé” par l’insuline ne rentre plus suffisamment dans la cellule : les récepteurs à insuline répondent moins bien au signal. Les mitochondries sont souvent dysfonctionnelles et le sucre qui a pu rentrer dans la cellule est insuffisamment utilisé pour fabriquer de l’énergie.

Comme le taux de sucre reste trop élevé, le pancréas libère plus d’insuline pour tenter de faire baisser la glycémie. Pendant plusieurs années, il peut compenser en produisant davantage d’insuline. On peut alors se retrouver avec une glycémie encore “normale” mais une insulinémie déjà très élevée à jeun : cette phase de résistance à l’insuline est souvent ignorée car la glycémie paraît rassurante.

À force d’être trop sollicité, le pancréas peut s’épuiser (moins d’insuline produite) : c’est l’étape où la glycémie s’élève davantage et où le diagnostic de diabète de type 2 est généralement posé.

La résistance à l’insuline et l’hyperinsulinisme sont associés à de nombreuses pathologies inflammatoires et métaboliques. L’objectif ici n’est pas d’inquiéter, mais de comprendre pourquoi la prévention métabolique (qualité alimentaire, fibres, activité physique, sommeil, gestion du stress) est centrale.


6) Diabète de type 1 : maladie auto-immune du pancréas

Le diabète de type 1 (DT1) est une maladie auto-immune spécifique à un organe : le pancréas. Plus précisément, ce sont les cellules bêta des îlots de Langerhans (cellules qui fabriquent l’insuline) qui sont attaquées par le système immunitaire.

Des cellules immunitaires infiltrent les îlots de Langerhans et attaquent les cellules bêta, entraînant la destruction de celles-ci et la progression vers une carence absolue en insuline.

Le DT1 représente environ 10 % des cas de diabète. Il est souvent associé à d’autres pathologies auto-immunes (thyroïdites auto-immunes, maladie cœliaque, gastrite auto-immune, etc.).

Il peut aussi se déclarer plus tard sous une forme appelée “LADA” (latent autoimmune diabetes in adults) : la destruction des cellules bêta est alors plus lente et progressive, une production d’insuline peut persister un temps, et l’insuline devient nécessaire plus tardivement.

Dans le diabète de type 1, on retrouve fréquemment des éléments discutés en recherche autour du microbiote, de la diversité bactérienne et de l’hyperperméabilité intestinale, pouvant contribuer à une cascade inflammatoire et immunitaire. Cela ne remplace pas la prise en charge médicale, mais éclaire certains axes de prévention et de terrain.


7) Animation : cellule saine, diabète de type 1, diabète de type 2

Voici une petite animation pour visualiser ce qui se passe au niveau des cellules lorsque tout fonctionne correctement, lorsqu’un diabète de type 1 est installé, et lorsqu’un diabète de type 2 est en place.


8) Conclusion

Voilà, vous savez distinguer le diabète de type 2 (résistance à l’insuline, hyperinsulinisme puis épuisement possible) du diabète de type 1 (maladie auto-immune avec carence en insuline).

Comprendre ces mécanismes permet aussi de mieux saisir pourquoi la résistance à l’insuline peut rester silencieuse longtemps, et pourquoi la prévention métabolique (qualité des glucides, fibres, activité physique, sommeil, stress) est un sujet central.

* Vous retrouverez dans “Ma Bible de l’alimentation antidiabète” des développements plus approfondis, notamment sur le raffinage des céréales et des huiles, ainsi que des repères pratiques.

Ma Bible de l’alimentation antidiabète – Olivia Charlet

 


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