Olivia Charlet | Nutrithérapie & Naturopathie

Alzheimer : le « diabète du cerveau » ? Décryptage du diabète de type 3

Ce que disent les recherches sur l’insulino-résistance cérébrale, l’hypométabolisme du glucose et les stratégies métaboliques étudiées. | 07/01/2026

Illustration du métabolisme énergétique cérébral et des mécanismes impliqués dans la maladie d’Alzheimer, en lien avec la résistance à l’insuline

La maladie d’Alzheimer est la forme la plus fréquente de démence. Elle évolue silencieusement pendant des années, bien avant l’apparition des troubles de la mémoire, du langage ou de l’orientation.

Dans la littérature scientifique, un concept revient régulièrement : celui de « diabète du cerveau » ou « diabète de type 3 », pour décrire le rôle potentiel de la résistance à l’insuline au niveau cérébral dans les mécanismes neurodégénératifs.

Note professionnelle

Cet article est rédigé dans un cadre d’information en nutrition fonctionnelle et micro-nutrition. Il ne constitue pas un avis médical, ni un protocole thérapeutique. Toute situation de troubles cognitifs nécessite un avis et un suivi médical.

À qui s’adresse cet article ?

Cet article s’adresse aux personnes qui souhaitent comprendre les mécanismes possibles reliant insulinorésistance, métabolisme énergétique cérébral et maladie d’Alzheimer, ainsi qu’aux proches aidants et aux professionnels intéressés par une lecture intégrative (métabolisme, inflammation, microbiote, hygiène de vie).

Il ne remplace pas une consultation médicale. Les approches nutritionnelles évoquées sont des pistes d’hygiène de vie et d’accompagnement, à adapter au contexte individuel.


1. Démence et Alzheimer : une maladie en constante progression

Le terme « démence » décrit un ensemble de symptômes suffisamment sévères pour altérer le raisonnement, l’humeur, le comportement et la réalisation des tâches du quotidien.

Selon les estimations internationales, la démence touche aujourd’hui des dizaines de millions de personnes, et le nombre total de cas devrait continuer d’augmenter dans les prochaines décennies.

Sources utiles :
- OMS – Fiche d’information démence
- Alzheimer’s Disease International – World Alzheimer Report


2. Comment la maladie se développe-t-elle ?

Plusieurs années avant les symptômes, on peut observer :

- des signes de déficience cognitive légère chez certaines personnes,
- des modifications cérébrales progressives,
- et, dans la littérature, l’idée d’un hypométabolisme du glucose (utilisation du glucose moins efficace dans certaines régions cérébrales) pouvant précéder les symptômes.

2.1. Plaques bêta-amyloïdes et protéine tau

La maladie d’Alzheimer est associée à deux grands types de lésions :

- des dépôts de peptides bêta-amyloïdes (plaques),
- et des agrégats de protéines tau hyperphosphorylées (enchevêtrements neurofibrillaires).

La protéine tau joue un rôle structurel important dans le neurone, notamment via la stabilisation des microtubules impliqués dans le transport intracellulaire. Des travaux évoquent également un lien entre tau et signalisation de l’insuline au niveau cérébral.

Ces lésions s’accompagnent souvent d’un second niveau de perturbation : l’énergie cellulaire et l’inflammation

2.2. Mitochondries, stress oxydatif et neuro-inflammation

La littérature décrit aussi :

- un dysfonctionnement mitochondrial dans les neurones,
- un stress oxydatif accru,
- et une neuro-inflammation impliquant notamment les microglies (cellules immunitaires du cerveau).

Ces dimensions sont souvent discutées en parallèle des axes métaboliques : inflammation systémique, endotoxémie métabolique, hygiène de vie, et terrain métabolique (diabète de type 2, syndrome métabolique).


3. Pourquoi certains parlent-ils de « diabète de type 3 » ?

Le terme « diabète de type 3 » est utilisé par certains auteurs pour souligner qu’il peut exister une forme de résistance à l’insuline au niveau cérébral, avec des conséquences potentielles sur :

- l’utilisation du glucose par les neurones,
- la plasticité synaptique (apprentissage, mémoire),
- le fonctionnement mitochondrial,
- et certaines cascades inflammatoires.

Cette hypothèse s’inscrit dans l’observation plus large que le diabète de type 2 et la résistance à l’insuline sont des facteurs de risque associés à des troubles cognitifs dans de nombreuses études.

Le terme « diabète de type 3 » n’est pas une classification médicale officielle : c’est une formule utilisée dans la littérature pour discuter d’un mécanisme (insulinorésistance cérébrale)

Résumé express — idée clé

Dans cette approche, Alzheimer n’est pas « un diabète classique », mais une pathologie où la signalisation de l’insuline et l’énergie cérébrale peuvent être altérées. Cela ouvre des pistes de prévention et d’accompagnement centrées sur le terrain métabolique : glycémie, inflammation, sommeil, activité physique, microbiote, nutriments clés.

Pour visualiser simplement ces mécanismes métaboliques, voici un schéma pédagogique illustrant l’impact d’une résistance à l’insuline cérébrale et l’intérêt des voies énergétiques alternatives.

Schéma pédagogique du métabolisme énergétique cérébral montrant l’utilisation du glucose, la résistance à l’insuline et le recours aux cétones comme source d’énergie alternative

Ce schéma propose une lecture simplifiée de mécanismes discutés dans la littérature scientifique. Il ne prétend pas résumer la complexité de la maladie d’Alzheimer.


4. Les facteurs de risque : génétique… mais surtout environnement

La génétique contribue au risque (par exemple APOE), mais ne suffit pas à expliquer l’augmentation mondiale des cas. De nombreux facteurs sont liés à l’hygiène de vie, souvent qualifiés de facteurs épigénétiques :

- sédentarité,
- surpoids/obésité à la quarantaine,
- alimentation à index glycémique élevé et pro-inflammatoire,
- tabac, alcool,
- troubles du sommeil et désynchronisation circadienne,
- isolement social et faible stimulation cognitive,
- exposition possible à certains toxiques (selon contextes et expositions).

Sur le plan métabolique, tout ce qui favorise hyperinsulinisme, résistance à l’insuline et inflammation chronique est discuté comme un terrain à surveiller.

À lire (article lié) :
👉 Insuline et diabète : comprendre DT1, DT2 et résistance à l’insuline


5. 10 signes qui doivent alerter

Signes d’alerte possibles

1. Pertes de mémoire
2. Difficultés à réaliser des tâches familières
3. Problèmes de langage
4. Désorientation dans le temps et dans l’espace
5. Altération du jugement
6. Difficultés à se souvenir de ce que l’on doit faire
7. Tendance à égarer des objets ou à les ranger dans de mauvais endroits
8. Changements d’humeur et de comportement
9. Difficultés à comprendre les informations visuelles et spatiales
10. Retrait du travail ou des activités sociales

En cas de doute, un avis médical est indispensable (médecin traitant, neurologue, consultation mémoire).


6. Ce que l’on peut faire dès maintenant 

À ce stade, il est important de rappeler qu’il n’existe pas de traitement curatif de la maladie d’Alzheimer. En revanche, comprendre les mécanismes métaboliques impliqués permet d’envisager des leviers d’accompagnement, à condition qu’ils soient individualisés, progressifs et encadrés.

La priorité reste la prévention et le soutien du métabolisme cérébral, bien en amont des stades avancés de la maladie, lorsque les capacités d’adaptation de l’organisme sont encore présentes.

Plusieurs axes font aujourd’hui l’objet d’un intérêt croissant dans la littérature scientifique :

La stabilisation de la glycémie et de l’insulinémie, afin de limiter l’hyperinsulinisme chronique et la résistance à l’insuline, y compris au niveau cérébral.
Une alimentation plus pauvre en glucides, adaptée au terrain, permettant de réduire la charge glycémique et l’inflammation métabolique.
Le soutien de l’énergie cérébrale par des carburants alternatifs au glucose lorsque son utilisation devient inefficace.

Dans ce contexte, les cétones suscitent un intérêt particulier. Produites de manière endogène lors d’une restriction glucidique, du jeûne intermittent ou par l’apport de triglycérides à chaîne moyenne, elles constituent une source d’énergie utilisable par le cerveau indépendamment de l’insuline.

L’huile TCM, et en particulier le C8 (acide caprylique), est étudiée pour sa capacité à favoriser la production de cétones endogènes. Elle s’inscrit dans une approche métabolique visant à soutenir l’énergie cérébrale, sans constituer en soi un traitement.

Les cétones exogènes (sels ou esters) représentent une autre piste exploratoire dans la recherche, notamment pour augmenter transitoirement la disponibilité des cétones. Leur utilisation reste expérimentale et doit être considérée avec prudence, en tenant compte du contexte clinique et métabolique.

Ces approches ne peuvent être dissociées d’autres piliers fondamentaux :

l’activité physique régulière, adaptée aux capacités de la personne
la qualité du sommeil et du rythme circadien
le soutien du microbiote intestinal, acteur clé de l’axe intestin–cerveau
la réduction de l’inflammation chronique et du stress oxydatif

Il ne s’agit pas de promettre une régression de la maladie, mais de créer un environnement métabolique plus favorable au fonctionnement neuronal et à la résilience du cerveau.

Chez les personnes âgées, amaigries, ou polymédiquées : toute stratégie low carb/cétogène se discute et se construit progressivement.

Ce que le livre apporte en plus

Dans Ma Bible de l’alimentation antidiabète – spéciale cétogène et hypotoxique, j’approfondis ces mécanismes et propose :

– une mise en pratique alimentaire pas à pas
– une structuration progressive low carb et cétogène hypotoxique
– des menus et recettes adaptés à différents profils
– une adaptation selon le terrain métabolique, l’âge et le contexte de santé

Si vous souhaitez une adaptation à votre terrain (glycémie, poids, digestion, traitements, objectifs), cela se travaille en consultation

Comprendre ces mécanismes est une première étape.
La question devient ensuite : comment agir concrètement, au quotidien, sans fragiliser l’organisme ?

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7. Où la nutrition fonctionnelle est pertinente dans ce contexte

La nutrition fonctionnelle s’intéresse au terrain : énergie cellulaire, inflammation, équilibre glycémique, santé intestinale, statut micronutritionnel, qualité du sommeil et du rythme circadien.

Dans les problématiques cognitives débutantes (ou en prévention), l’intérêt est de :

- identifier les facteurs modifiables (glycémie, inflammation, carences, hygiène de vie),
- sécuriser l’alimentation (densité nutritionnelle, protéines, prévention de la dénutrition),
- adapter les stratégies au profil (âge, poids, traitements, tolérance digestive).


8. Cétones, énergie cérébrale et stratégies métaboliques

Dans la littérature, les cétones (notamment le bêta-hydroxybutyrate) sont discutées comme un carburant alternatif pouvant participer à une stratégie de « soutien de l’énergie cérébrale », en particulier lorsque l’utilisation du glucose est moins efficace.

Plusieurs approches existent selon les profils :

- activité physique régulière,
- restriction glucidique graduelle (low carb) ou stratégie cétogène encadrée,
- jeûne intermittent (si approprié),
- et, chez certaines personnes, ajout de triglycérides à chaîne moyenne (TCM), notamment riches en C8.

À lire (article lié) :
👉 Huile TCM C8 : cétones, mitochondries et métabolisme


9. Pour aller plus loin 


RÉFÉRENCES (sélection issues de la bibliographie de "Ma Bible de l'alimentation anti-diabète")

Épidémiologie / Définitions

- Alzheimer’s Disease International. World Alzheimer Report (2018).
- WHO. Dementia – Fact sheet.
- Alzheimer’s Association. Alzheimer’s Disease Facts and Figures (2022). Alzheimer’s & Dementia.

Physiopathologie (amyloïde, tau, énergie cérébrale)

- Avila J, Perry G. (2021). Neuroscience.
- Mosconi L, et al. (2008). Brain glucose hypometabolism and oxidative stress in preclinical AD. Ann NY Acad Sci.
- Gonçalves RA, et al. (2019). Tau and insulin signaling. Front Cell Neurosci.
- Hardy JA, Higgins GA. (1992). Amyloid cascade hypothesis. Science.
- Swerdlow RH. (2011). Brain aging, AD, mitochondria. BBA.
- Messier C, Teutenberg K. (2005). Insulin/IGF/IDE in brain aging and AD. Neural Plasticity.
- Biessels GJ, et al. (2006). Risk of dementia in diabetes. Lancet Neurology.
- de la Monte SM. (2017). Insulin resistance and neurodegeneration. Drugs.

Terrain glycémique / Approches métaboliques (données précliniques et cliniques)

- Van der Auwera I, et al. (2005). Ketogenic diet reduces Aβ in AD mouse model. Nutr Metab.
- Taylor MK, et al. (2017). High-glycemic diet and cerebral amyloid burden. Am J Clin Nutr.
- Lange KW, et al. (2017). Ketogenic diets and AD. Food Science and Human Wellness.
- Nguyen TT, et al. (2020). Type 3 diabetes and AD. Int J Mol Sci.
- Kullmann S, et al. (2016). Brain insulin resistance and cognition. Physiol Rev.
- Brandt J, et al. (2019). Modified Atkins diet in MCI/early AD. J Alzheimers Dis.
- Castellano CA, et al. (2017). Aerobic training and brain energy metabolism in mild AD. J Alzheimers Dis.

Microbiote / Neuro-inflammation

- Spielman LJ, et al. (2018). Gut microbiota and neurodegenerative diseases. Neurochem Int.
- Megur A, et al. (2020). Microbiota-gut-brain axis and AD. Nutrients.
- Cattaneo A, et al. (2017). Pro-inflammatory gut taxa and amyloidosis association. Neurobiol Aging.
- Friedland RP, Chapman MR. (2017). Microbial amyloid and neurodegeneration. PLoS Pathog.
- Zhao Y, et al. (2017). LPS detection in AD brain regions. Front Immunol / Front Cell Infect Microbiol.

Oméga-3 / Polyphénols

- Devassy JG, et al. (2016). Omega-3 oxylipins and neuroinflammation. Adv Nutr.
- Bazinet RP, Layé S. (2014). PUFA metabolites in brain function/disease. Nat Rev Neurosci.
- Román GC, et al. (2019). Mediterranean diet, omega-3, polyphenols and cognition. Revue Neurologique.

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